L’artiste Fanny Souade Sow effectue une résidence de recherche à l’ESAD au cours de laquelle elle va donner un workshop de deux jours (les 29 et 30 octobre 2026) et élabore un projet qu’elle présentera lors du volet 2 de la 7è édition du Festival des Gestes de la Recherche.
Le workshop va traiter des enjeux du travail de traduction autour des langues impériales. Il prend pour point de départ cet extrait de la biographie de Tami Elkilani : « (né à Tripoli et vivant à Marseille) est un poète autodidacte qui cherche à tout prix à élever les voix. Son écriture, principalement en anglais est le reflet de comment une langue étrangère devient refuge. »
La langue anglaise se substitue désormais comme une alternative à l’incapacité de manier les nôtres (souvent celles de nos aîné·es) sans en trahir le sens, et se délimite désormais comme un espace à soi auto-déclaré des personnes racialisées dans une logique décoloniale et de réappropriation. Son utilisation transforme le stigmate des langues impériales et coloniales en un refuge où la traduction s’émancipe de son obsession de la justesse pour glisser vers l’interprétation et l’approximation, un pied de nez à une injonction raciste d’effacement de nos langues d’origines.
Le but du workshop est pour les participant·es de proposer des traductions émancipatrices d’une langue à une autre, ou d’une interprétation à une autre si l’envie demeure de travailler autour d’une seule langue (traduction du français vers français par exemple) dans le cadre d’un corpus de textes libres et principalement poétiques.
L’idée est ainsi de se saisir des textes qu’on pense mal comprendre et qui semblent nous résister en jouant de la fabulation critique de Saidiya Hartman comme horizon.
Le travail de Fanny Souade Sow est habité par des questionnements d’ordre sociopolitique et historique. Que ce soit sous la forme d’éditions, de sculptures, de performances ou à travers le médium vidéo, elle interroge les effets de l’héritage colonial sur les corps racisés. Si ses œuvres rendent compte de mécanismes d’oppression systémiques et violents, elles participent également à l’écriture d’une mémoire collective.
Née en 1994, elle vit et travaille à Marseille et est diplômée de l’ESAD Grenoble. Ses œuvres ont récemment été exposées dans le cadre d’expositions collectives notamment au MAC VAL (Vitry-sur-Seine), à l’Académie Royale de Bruxelles, au FRAC Franche-Comté (Besançon) et à KADIST (Paris), à la galerie Eric Dupont (Paris) et au 66e Salon de Montrouge. En Janvier 2022, elle a bénéficié d’une première exposition personnelle au RECYCLART (Bruxelles). Elle a été résidente à la SAW Gallery (Ottawa, Canada) au CAC Brétigny pour la résidence de territoire 2022-2023, et à Glasgow Sculpture Studios (Glasgow, Écosse). Elle est actuellement résidente aux ateliers de la ville de Marseille, 2023-2025. Fanny est la première lauréate du prix Ceysson & Bénétière/Support, un programme de soutien dédié aux artistes diplômés des écoles d’art et de design de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Fanny Souade Sow a également participé au workshop de Daniela Ortiz donnant lieu à la vidéo « Tirer, Résister, Rompre ».
Le travail de Fanny Souade Sow rend compte de mécanismes d’oppression systémiques et violents et réfléchissent sur l’écriture d’une mémoire collective que ce soit sous la forme d’éditions, de sculptures, de performances ou à travers le médium vidéo.
Née en 1994, elle vit et travaille à Marseille et est diplômée de l’ESAD Grenoble. Ses œuvres ont récemment été exposées dans le cadre d’expositions collectives notamment au MAC VAL (Vitry-sur-Seine), à l’Académie Royale de Bruxelles, au FRAC Franche-Comté (Besançon) et à KADIST (Paris), à la galerie Eric Dupont (Paris) et au 66e Salon de Montrouge. En Janvier 2022, elle a bénéficié d’une première exposition personnelle au RECYCLART (Bruxelles). Elle a été résidente à la SAW Gallery (Ottawa, Canada) au CAC Brétigny pour la résidence de territoire 2022-2023, et à Glasgow Sculpture Studios (Glasgow, Écosse). Elle est actuellement résidente aux ateliers de la ville de Marseille, 2023-2025. Fanny est la première lauréate du prix Ceysson & Bénétière/Support, un programme de soutien dédié aux artistes diplômés des écoles d’art et de design de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le workshop traitera les enjeux du travail de traduction autour des langues impériales. Il prend pour point de départ cet extrait de la biographie de Tami Elkilani: “(né à Tripoli et vivant à Marseille) est un poète autodidacte qui cherche à tout prix à élever les voix. Son écriture, principalement en anglais est le reflet de comment une langue étrangère devient refuge”.
La langue anglaise se substitue désormais comme une alternative à l’incapacité de manier les nôtre (souvent celle de nos aînés) sans en trahir le sens, et se délimite désormais comme un espace à soi auto-déclaré des personnes racialisés dans une logique décoloniale et de réappropriation, transformant le stigmate des langues impériales et coloniales en un refuge où la traduction s’émancipe de son obsession de la justesse pour glisser vers l’interprétation et l’approximation, un pied de nez à une injonction raciste d’effacement de nos langues d’origines.
Le but de ce workshop sera pour les participant·es de proposer des traductions émancipatrices d’une langue à une autre, ou d’une interprétation à une autre si l’envie demeure de travailler autour d’une seule langue (traduction français vers français par exemple) dans le cadre de corpus de texte libre principalement poétique.
L’idée sera de se saisir malgré tout des textes qu’on pense mal comprendre et qui semblent nous résister en jouant de la fabulation critique de Saidiya Hartman comme horizon.
Voici ci-dessous quelques mots que Fanny vous envoie sur la manière d’aborder son workshop:
« Œuvrer, ce n’est jamais simplement forger puis montrer : c’est plier, secouer, déplacer, occulter, abriter. C’est pratiquer à la fois le soupçon, le refus et la tendresse, contre la voracité du regard impérial et ses appels à la tolérance vis-à-vis d’une existence de plus en plus intolérable. Autrement dit, c’est ne céder ni à l’abattement, ni au désespoir ou au cynisme le plus #yolo, mais révéler ce qui malgré tout — ou précisément, en dépit de tout — continue de résister, de combattre et d’animer. D’être un moteur d’imagination pour ces lendemains qu’il est hors de question que nous cessions d’habiter – car nous sommes et continuerons d’être là. En bref, on ne vous donnera pas grand chose à simplement voir ou consommer. On vous proposera par contre de chercher, de douter et de soupeser. De jouer des trous, des replis et des faux-semblants, au risque qu’une archive vous file entre les doigts comme une mauvaise blague. Car ici, la mémoire n’est pas un stock d’images à vendre au kilo : c’est un terrain mouvant, cabossé, où rien ne se livre sans résistance — ni sans sourire. »