Pendant le Festival des Gestes de la Recherche, Amal Alhaag propose le workshop de deux jours « Stir it up : une collaboration sonore » comme suit :
Stir it up est une répétition (sous forme d’atelier) organisée et animée par Amal Alhaag. Elle met l’accent sur la manière dont les gens utilisent des récits intimes et la fabulation issus des pratiques artistiques, culturelles et sonores pour aborder les enjeux politiques de la respiration et de l’imagination dans des sociétés qui ne se soucient guère de l’imagination, des rêves et du bien-être des personnes racialisées et marginalisées. Nous ne respirons pas tous le même air, et respirer ensemble ne signifie pas pour autant respirer de la même manière. Qui voit son oxygène menacé ? Qui respire en marge de la société ? Au cœur de cette rencontre se trouvent des concepts tels que les histoires orales, les politiques culturelles de l’écoute et la manière dont l’oralité façonne la pensée culturelle et les outils d’imagination viscérale. Ensemble, nous travaillerons, réfléchirons, danserons, imaginerons et poserons des questions à la limite du souffle. Étudiants, décrocheurs, autodidactes et tous ceux qui se situent entre ces deux extrêmes sont invités à désapprendre les relations extractives entre les pratiques artistiques et culturelles et la théorie.
Dans le cadre de cet atelier, nous élaborons une émission de radio collaborative qui utilise les enregistrements, les contributions sonores, les voix, les silences et autres apports des participants pour créer un enregistrement de 40 minutes s’inspirant de la méthodologie de Silsilad. Je m’inspire ici de pratiques poétiques somaliennes telles que le « Silsilad », qui se traduit littéralement par « chaîne » ou désigne un code dans lequel la pensée et le savoir étaient générés par la mémorisation collective et publique, comme moyens concrets de diffuser des poèmes, une pensée anticolonialiste, des visions et des appels à l’action. Les participants sont invités à apporter des chansons, des poèmes, des enregistrements et des notes qui font écho, par association, à la description du programme.
Amal Alhaag donne également une conférence intitulée sur sa recherche en cours intitulée « Dispossessed Notes: On Quiet Beings and Loud Histories »
« Dispossessed Notes » est un projet de recherche en cours dans lequel l’émission de radio se veut un espace social de rencontre, en tant que pratique politique et intellectuelle. Cette série de notes sonores dialogiques explore, à travers le prisme de la science-fiction, de la musique, des parasites et de la poésie, les différentes manières dont nous pouvons vivre le présent et œuvrer à cette tâche urgente qui consiste à la fois à interroger les systèmes de dépossession et de négation, et à écouter activement les archives noires du quotidien. Que signifie être porté par les histoires ? Les « Dispossessed Notes » se veulent de modestes invitations à prêter l’oreille aux figures marginales, aux archétypes, aux figurants, aux spectateurs, aux figurants de remplissage, aux passants, aux agents d’entretien, aux personnes réduites au silence, aux sans-abris et à ceux qui n’ont pas de place, aux nomades et aux fauteurs de troubles qui façonnent les histoires noires, la production culturelle et la vie sociale.
Amal Alhaag est une curatrice, chercheuse et co-initiatrice/facilitatrice de plusieurs initiatives basée à Amsterdam, notamment Metro54, une plateforme dédiée à la culture sonore, dialogique et visuelle expérimentale, et Side Room (2013-2016), un espace dédié aux pratiques et aux personnes excentriques, qu’elle a créé avec son amie l’artiste Maria Guggenbichler. Amal développe une pratique de recherche expérimentale et collaborative continue, ainsi que des programmes et projets publics sur la politique spatiale mondiale, les archives, le colonialisme, la contre-culture, les histoires orales et la culture populaire.
Ses projets et collaborations avec des personnes, des initiatives collectives et des institutions invitent, mettent en scène, questionnent et jouent avec des questions « inconfortables » qui interrogent, réécrivent, remixent, partagent et composent des récits dans des contextes éphémères. Amal est chercheuse et programmatrice au Research Center for Material Culture, Pays-Bas, et chercheuse associée au Mathaf, Musée arabe d’art moderne, Doha, Qatar.
Depuis 2015, Amal a développé une collaboration continue avec Framed Framed et des artistes (amis), des organisateur·rices, des curateur·rices/producteur·rices culturel·les, des universitaires, des militant·es et des organisateur·rices sur des programmes allant de rassemblements à des expositions collectives, des projections de films et des fêtes. Dans ce cadre, Amal Alhaag a co-initié avec l’artiste et curatrice Barby Asante, le projet collaboratif en cours Diasporic Self : Black Togetherness as Lingua Franca.